Médias et reconnaissance

 

L’église Saint-Esprit ouvre ses portes aux artistes

» Culture | Par Lisa Marie Noel | 14 décembre 2013

Une douzaine d’artistes exposent cet après-midi dans l’église Saint-Esprit de la rue Masson.
Ils y seront jusqu’à 16 h. La Chorale Vox A4 chantent également des cantiques de Noël.
Ça permet de nous réchauffer entre deux emplettes de Noël! Voyez notre album photos.

La chorale qui devait chanter sur le parvis de l’église a trouvé refuge à l’intérieur à cause du froid.

Les voix des choristes donnaient une ambiance toute indiquée pour une exposition de peinture

dans une église.


Le décor était également inspirant. « C’est une église magnifique. Tout est art déco, chaque recoin a été pensé», s’exclame Jean Daoust, artiste qui expose actuellement au Parcours M. Il présente cet après-midi deux de ses oeuvres dans l’église. Plusieurs autres artistes du Regroupement Arts et Culture Rosemont Petite-Patrie y sont pour montrer leur travail et discuter avec le public.


La Société d’histoire Rosemont-Petite-Patrie présente également les vitraux de l’église Saint-Esprit créés par Guido Nincheri, un maître verrier Montréalais d’origine italienne très réputé. On pouvait également admirer une exposition de photos sur l’église dans leurs locaux.


L’événement était organisé par le comité priorité culture issu du forum social Décidons Rosemont ensemble. Solange Lessard, une des instigatrices du Parcours M, souhaitait depuis quelques années organiser une activité multi-artistique à l’intérieur de l’église. Elle se dit bien satisfaite du résultat, malgré le froid. Elle est surtout bien contente que le curé de l’église Pierre Rivard soit partant pour répéter l’expérience l’année prochaine.


Un monde du quotidien à la fois urbain, démultiplié et fantaisiste

» Culture | Par Julie Massey | 10 décembre 2013

Soutenue par la Société de développement commerciale de la Promenade Masson et organisée parle Regroupement Art et Culture Rosemont Petite Patrie (RACRPP), une exposition se déroule sur la rue Masson. Plusieurs commerces y offrent une vitrine, et même plusieurs, au travail de l’artiste Jean Daoust chez qui une imagerie futuriste de la ville se déploie par le biais d’une esthétique délibérément rétro.

Les images qui prennent naissance sous la main de Daoust dévoilent un univers onirique. La perspective complètement distordue provoquant déséquilibre, ou plutôt sentiment d’envahissement, découvre des cités imaginaires où le temps y est biaisé. Le mélange des moyens de transport, souvent aériens, de même que l’architecture vont puiser au sein de diverses époques, créant ainsi des milieux urbains s’inscrivant dans une période inventée, sans référence à la réalité. C’est ainsi que dans  N. Y. Spiritus,
un hélicoptère aussi bien qu’un dirigeable qui semble tout droit sorti du 19e siècle se partagent le ciel
de la grosse pomme.

Si l’époque est inconnue, ou plutôt imaginée, les lieux sont plus ou moins identifiables. Si ce n’est grâce au titre, plusieurs éléments architecturaux permettent parfois de reconnaître Montréal. On remarque sans trop de mal la tour de l’Horloge ou le pont Jacques­-Cartier dans Mtl Lux. Par contre, certaines œuvres, dont Zombies, met en scène une contrée issue directement de l’imaginaire de l’artiste.

La répétition du motif construit la composition de plusieurs œuvres. Une structure d’usine multipliée à l’infini installe sous nos yeux un milieu industriel déshumanisé dans Anthropomorphe. Le ciel ayant perdu sa couleur bleue et la fumée crachée couvrant presque l’entièreté de la surface ajoutent à l’hostilité du lieu. L’avion prolifère également dans les œuvres de Daoust. Parfois, seule son ombre se dessine sur un édifice comme c’est le cas dans R.H. La présence de celui­-ci, généralement imposante, est toujours menaçante et laisse croire à une invasion imminente.

L’humain est toujours petit, souvent une simple silhouette noire, et perd son identité dans cet univers
où la ville et les industries ont pris possession de l’espace. Même le ciel est comprimé à l’intérieur d’une superficie restreinte de la composition, voire complètement évacué. Révolution 2.0 en témoigne :
la machinerie bloque notre regard grâce à une telle densité de ferraille que toute profondeur disparaît
à l’intérieur de l’image.

L’œuvre Eschatologie manifeste d’un danger cette fois bien réel. Des réservoirs d’eau se transforment
en monstres à longues pattes métalliques qui leur donnent la forme d’araignées géantes desquelles
de puissantes armes déclenchent des feux semant le désordre au cœur d’une ville détruite. Quelques silhouettes ombragées, vaines présences vivantes dans cet immense chaos artificiel, se crispent, mystifiés, sous les impitoyables assauts.

Parcours M
Exposition solo de Jean Daoust
Du 6 novembre 2013 au 15 janvier 2014